Bunia : A Propos de l’immeuble Bunia Palace querellé, la Société Civile de l’Ituri émet son avis pour amortir les tensions.

Bunia : A Propos de l’immeuble Bunia Palace querellé, la Société Civile de l’Ituri émet son avis pour amortir les tensions.

 

L’immeuble Bunia Palace jadis propriété d’un ressortissant grec décédé il y a des années est devenu  aujourd’hui sujet à controverse doublée d’intense opposition tenace de la part de deux prétendants propriétaires qui se disputent la jouissance au regard des documents leur délivrés par l’Etat Congolais dont chacune des parties en conflit s’attribue les droits juridiques.

Ce dossier brûlant a divisé la communauté Iturienne.

 

Les uns soutenant  l’homme d’affaires David Banga Nguna alias Kirikou, tandisque les autres se rangeant derrière les Autorités académiques de l’UNIBU renforcées par les étudiants qui revendiquent à cor et à cri cette concession qu’ils occupent depuis plus de 20 ans.

En effet plusieurs manifestations émaillées de violences se sont  produites au sein du campus opposant farouchement les forces de l’ordre aux étudiants, lesquelles manifestations se soldent souvent par un bilan déplorable. La dernière manifestation de fraiche date qui a eu lieu le 10/11/2017 entre la police et les étudiants est celle qui a amené les deux forces opposées à faire les frais de leurs affrontements. Un policier s’est vu sa jambe fracturée, et un étudiant du 3 ème graduat à la Faculté de médecine qui a perdu ses deux doigts de la main droite pour avoir imprudemment manipulé une grenade lacrymogène qu’il voulait renvoyer aux policiers malheureusement la grenade explosé entre ses mains.Ce bilan malheureux a suscité plusieurs  réactions qui ont déclenché un tollé général au sein de la communauté, donnant ainsi libre cours à des commentaires divers, selon les penchants des uns et des autres qui soutiennent l’une ou l’autre partie. Une autre opinion a fustigé le silence  de l’Autorité Provinciale face à ce dossier, lui, à en croire cette opinion, qui avait affirmé au cours d’une harangue devant les étudiants de l’UNIBU que l’immeuble abritant cette Institution Universitaire appartenait bel et bien à cette dernière.

Mais, si l’Autorité l’avait déclaré, c’est par ce qu’il n’était pas encore en  possession de l’Arrêt de la Cour Suprême de justice, appuyé par le Ministre national des affaires Foncières et que les démarches amorcées par les Caucus des parlementaires de l’Ituri se sont avérées vaines. Et le gouverneur de l’Ituri, et le Ministre des  Affaires Foncières et le Caucus des parlementaires de l’Ituri devaient tout simplement s’incliner devant la décision de la Cour Suprême de la Justice. Raison pour laquelle, l’Autorité provinciale de l’Ituri s’est tu. Cependant, les Autorités académiques sont tenaces et promettent d’aller jusqu’à bout par voie de droit et si nécessaire, en appeler à l’arbitrage du Magistrat Suprême Joseph Kabila. Partant de toutes les déclarations faites de part et d’autres, la Société Civile, par la bouche de son Coordonnateur, Jean Bosco LALO, a émis son avis et considérations en rapport avec l’affaire « UNIBU » en adressant une correspondance truffée d’arguments juridiques au Premier Ministre du gouvernement de la République pour lui signifier quelques préoccupations que voici :

  • Ø La situation que traverse l’UNIBU (Université de Bunia) la seule et unique Université officielle de la Province, dont l’importance n’est pas à démontrer.

 

  • Ø La Société Civile tient à relever d’entrée de jeu que ce dossier est malheureusement caractérisé par une mauvaise foi entretenue à dessein pour déstabiliser cette Université d’Etat.
  • Ø Il convient de rappeler que cette Université a été créée sans infrastructures propres. Mais le bâtiment abritant jadis l’Hôtel Bunia Palace appartient-il à cette Institution? Au-delà de toutes les péripéties qui entachent l’existence de ce patrimoine, il y a lieu de relever qu’un acte majeur tranche sur la question de son statut juridique.
  • Ø En effet dans son Arrêt, au troisième feuillet, la Cour Suprême de justice dit : le soubassement de la cession de ces immeubles à l’UNIBU viole l’art. 1 er  de l’ord. no 84-026 du 02 février 1984 portant abrogation de l’ordonnance n74-152 du 02 juillet 1974 relative aux biens abandonnés Acquis à l’Etat par la loi en ce que l’Arrêté attaqué a déclaré abandonnés les immeubles S.U 316 et S.U 319 enregistrés de la mandante du demandeur en annulation  et a ordonné leur reprise au domaine privé de l’Etat alors que les dispositions relatives aux biens abandonnés ont été abrogées par celles invoquées no 84-026 du 2 février 1984. La Société civile s’interroge en ces termes :
  • Ø Monsieur le Ministre des Affaires Foncières du Gouvernement  Central est-il vraiment incompétent? Les Honorables Députés de l’Ituri peuvent-ils modifier une décision de la Cour Suprême de Justice? Les autre dignes fils de l’Ituri qui ne raisonnent pas comme ceux qui s’adonnent à la campagne d’intoxication des Etudiants en vilipendant les autres sont-ils illettrés? Et d’ajouter : la Société Civile de l’Ituri remercie très sincèrement S.E Monsieur le Ministre des Affaires Foncières pour l’éclairage technique dépassionné qu’il a  apporté dans ce dossier et qui à notre humble avis clôt la querelle sur la propriété de ce bien immobilier.

 

Elle renchérit : nous sommes malheureusement aujourd’hui très inquiets de constater que les étudiants de cette Université soient manipulés pour des fins inavouées (sous le prétexte d’aimer l’Université) plus que les autres Ituriens? Sans  privilégier l’avenir de la jeunesse. Ils les opposent à tort aux autres dignes fils et filles de l’Ituri notamment les parlementaires et certaines personnalités Même le Coordonnateur de la Société Civile de l’Ituri a reçu des menaces de mort alors qu’il ne dispose d’aucune parcelle de décision dans cette affaire, dit- il  

Et de conclure en ces mots : Aujourd’hui qu’il est question qu’une délégation de l’UNIBU se rende à Kinshasa pour des plaidoyers auprès des Autorités nationales, initiative que nous encourageons, et nous souhaitons cependant qu’une rencontre soit organisée à Bunia pour définir clairement les termes de référence de cette démarche. Entre autres, nous sommes d’avis qu’il faille y impliquer tous les acteurs importants notamment le Gouvernement  Provincial, l’Assemblée Provinciale, le Tribunal de Grande Instance de Bunia ainsi que son Parquet, les FARDC, la PNC, l’ANR, la Société Civile, plate-forme des Communautés (UNADI), la Jeunesse Provinciale. L’UNIBU, appartient à l’Ituri et non à une poignée des personnes. La Coordination de la Société Civile de l’Ituri estime qu’il y a beaucoup d’opportunités à capitaliser afin d’aider l’UNIBU à se doter des infrastructures propres et  dignes. L’UNIBU ne pourra donc jamais être jetée dans la rue. Que les gestionnaires de l’UNIBU, cessent d’instrumentaliser la jeunesse estudiantine, fin de citation.

L’affaire est de taille, et nous en appelons à la sagesse des Autorités judiciaires, politiques et administratives pour mettre un terme à ce dossier sensible qui a déjà fait des victimes dans les rangs de la police et des étudiants pour l’intérêt de la jeunesse, l’avenir de la RDC.

Jean Anaclet MUHEMEDI KONGOLO

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